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Guetter le malheur.

C'est terrible, mais c'est mon quotidien. Je suis inquiète. J'ai peur. Je guette sans arrêt mon malheur. Afin qu'il ne s'approche pas trop près de nous. Pas trop près de Lui. Parce que le Bonheur ça se construit. Moi j'ai mis neuf mois, pile, pour acquérir le mien. Le Bonheur ça s'attends, ça s'espère, ça mets du temps à se concrétiser ... et puis finalement ça arrive. Le Malheur, lui, il passe en une fraction de seconde et il détruit tout. Il brise les cœurs, il casse des vies, il transforme les paradis en enfers. Je le sais. Je l'ai su. J'essaie de ne jamais l'oublier. Le Malheur peut changer une personne. Il m'a changé, moi. Le Malheur apprends l'humilité et que rien n'est acquis dans la vie. Rien. Il te tombe dessus. Tu ne sais à quel moment, tu ne sais pourquoi. C'est un peu la roulette russe. Il passe par le téléphone, par la voix... il arrive toujours quand on ne s'y attend pas. J'ai 21 ans et il s'en ai déjà passé des choses dans ma vie. Alors depuis que le Petit Prince est là, je guette le malheur. Je minimise les risques, je me lève toutes les nuits, je le regarde sans cesse, je le surveille toujours. Je le mets le moins possible en garde chez d'autres gens. Je veux contrôler tout. Mais j'ai peur. Peur qu'on me l'enlève. Peur du vide. Peur de l’éphémère. Je commence à avoir peur de la vie. Le cœur toujours au bord du précipice. J'ai 21 ans et j'ai choisi que mon Bonheur serait indissociable de l'angoisse. C'est au creux du ventre. La peur ne s'arrête jamais. Jamais. Pour toute la vie. Il sera toujours mon fils et je guetterais à jamais le malheur.

Guetter le malheur.
Tag(s) : #maternité

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