Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'article d'aujourd'hui parle d'un sujet difficile, angoissant qui peut malheureusement tous nous toucher. Alors si toi, chère lectrice (ou cher lecteur), tu es d'un naturel stressé, je te déconseille de continuer ta lecture.
Ce mardi 25 Mars 2014, le jour précédent ma sortie de la maternité, la sage-femme vient me voir pour m'annoncer mon retour à la maison. Elle me parle de choses et d'autres, de comment bien préparer un bain ou un biberon, de la température idéale de la chambre de Bébé et de celle de son bain, de banalités en soi... avant de passer sur un sujet complètement déstabilisant : la mort subite du nourrisson. Cela m'avait déjà traversé l'esprit mais étant à la maternité, je me sentais intouchable comme dans un cocon. Hors de danger. Cette conversation m'a alors très vite "refroidie".
C'est un sujet difficile à aborder, me disait la sage femme, mais c'est nécessaire d'en parler!
Après cet échange, et la visite d'un couple d'amis, je me suis retrouvée seule assise à côté du Petit Prince, à gérer l'angoisse qui venait s'immiscer au creux de mon ventre. Dans notre entourage, nous connaissons deux couples qui ont subi la perte brutale de leur Bébé... Un Bébé qui a oublié de respirer, oublié de vivre, s'est oublié lui-même.

Même si j'y pensais toujours, les premières nuits à la maison n'ont pas été chaotiques. J'étais bien trop fatiguée, je dormais tellement profondément que je n'arrivais même pas à rêver. Puis le Petit Prince a fait des nuits plus longues, je me suis reposée et les réveils en sursaut ont commencé. Plusieurs fois, ne l'entendant plus respirer, je me suis levée précipitamment pour poser ma main sur son ventre afin de le sentir bouger. Et, bizarrement (ou pas!) la pire nuit pour moi a été sa première nuit complète. Je me suis levée en sursaut plusieurs fois me disant " Il n'a pas réclamé à manger... Qu'est ce qu'il a? Dort-il profondément?"

J'ai également enlevé tous les jouets et peluches qui décoraient son lit avant son arrivée. J'ai même hésité à enlever le tour de lit. Et finalement, j'ai serré les liens plus fort pour être sure que rien ne puisse se détacher. J'ai eu peur (aussi) le jour où je l'ai laissé en garde une nuit entière chez mes parents. Je n'ai pas arrêté de penser aux conséquences que pourrait produire un tel malheur. Je serais anéantie, mes parents culpabiliseraient pour le restant de leurs jours, ma mère en serait gravement affectée. Cela la tuerait, d'une manière ou d'une autre. Je réalise à présent ce qu'implique de laisser un bébé de quelques semaines en garde chez des proches.

Et je ne cesse de penser à ces gens qui vivent cette souffrance. Comment peut-on survivre à cela? Comment avoir confiance en la vie et aimer à nouveau après un tel drame? Que reste-t-il d'une mère? Que reste-t-il d'un père? Que reste-t-il d'un couple ou d'une famille? Je ne le sais pas. Mais me poser de telles questions, aussi horribles puissent-elles être, m'aide à savourer chaque instant avec le Petit Prince, chaque sourire, chaque câlin, chaque bisou et surtout chacun de ses réveils.

Se réveiller en sursaut...
Tag(s) : #maternité

Partager cet article

Repost 0